Le soit-disant secret de 1851 trouvé en 1999 est un FAUX

Mgr Zola, fut le confesseur et directeur spirituel et directeur de Mélanie. Sa lettre de en 1881 à un prêtre français prouve de manière claire et évidente que le soit-disant secret de 1851 trouvé par l’abbé Corteville en 1999 dans les archives du Vatican est un FAUX et ne peut pas avoir été écrit par Mélanie Calvat à Grenoble.
LETTRE de Sa Grandeur Mgr Sauveur-Louis ZOLA, ÉVÊQUE DE LECCE, a un Curé d’un diocèse de France. VESGOVADO Lecce, le 24 mai 1880.
Lecce.
MONSIEUR LE CURÉ,
Je déplore vivement l’opposition que la France fait main— tenant au céleste Message de la Salette. Nous sommes déjà à la veille des châtiments terribles dont nous a menacés la Mère de Dieu, à cause de nos prévarications, et cependant nous préférons repousser les avertissements d’une Mère si tendre et si miséricordieuse, plutôt que de profiter de ses le çons, seul acte de notre part qui pourrait diminuer l’inten sité des fléaux dont nous menace la colère divine. Je re— connais en cela l‘œuvre de notre vieil ennemi, qui a le plus grand intérêt à exploiter tout moyen, surtout auprès des ‘ministres de Dieu, ut videntes non videant et intelligentes non intelligent.
Votre pieuse croyance et votre démtion filiale à Notre Dame de la Belette vous engage à me demander beaucoup ' de choses et de renseignements au sujet du secret de Mélanie ; aussi, me vois-je dans l‘embarras en voulant vous sa tistaire par une simple lettre.
Toutefois, je m’efforcerei de me conformer à vos désirs autant qu’il me sera possible.
Ce ne fut que le 3 juillet 1851, que Mélanie écrivit elle— méme son secret, pour la première fois, au couvent de la Providence, à Corenc, par ordre de Mgr de Bruillard, évê que de Grenoble, et en présence de M. hausse, ingénieur en chef des ponts et chaussées, et de M. Taxis, chanoine de la cathédrale de Grenoble. Mélanie remplit trois grandes pa ges d‘un seul trait, sans rien dire, sans rien demander. Elle signe sans relire, plie son secret et le met dans une enve loppe. Elle met ainsi l’adresse :
« A Sa Sainteté Pie IX, à Rome. »
Le lendemain 4 juillet, le secret est recopié par Mélanie elle-même, àl’évéché de Grenoble, dans le but de bien dis— tinguer deux dates des évènements qui ne doivent pas arri ver à la même époque. Mélanie, n‘ayant mis la première fois qu’une seule date, craignait que, pour ce motif, le Pape ne comprit pas bien et qu’il y eût, par conséquent, équi voque.
Le 18 juillet, M. Gérin, curé de la Cathédrale de Greno ble, et M. Rousselet, vicaire-général honoraire, deux saints prêtres d’un âge avancé et très-respectables à tous égards, remettaient à Sa Sainteté Pie IX les lettres de Mgr de Gre noble et celles de Maximin et de Mélanie renfermant leurs secrets.
Mélanie n’a pas envoyé à. Sa Sainteté Pie IX tout le se cret qu‘elle a publié dernièrement, mais seulement tout ce que la Sainte Vierge lui inspira sur l‘heure d’écrire de cet important document, et. en outre bien des rthoses qui pou vaient concerner Pie IX personnellement. Toutefois, par suite d’informations que je vous donne comme très—préci ses, je sais que les reproches adressés au clergé et aux com— munautés religieuses étaient contenus idçntiquement dans la partie du secret donnée à. Sa Sainteté Pie IX.
L‘heureuse bergère de la Salette communique plus tard à. diverses personnes quelques autres parties du secret, lors qu‘elle jugeait que le moment opportun pour les publier était arrivé. Mais la publication du secret tout entier n’a été faite que dans la brochure écrite par Mélanie elle-même et imprimée à Lecce en 1879, sur la demande et aux frais d’une pieuse personne.
En 1860, à Marseille, un des directeurs de Mélanie ob tint un manuscrit du secret; il me fut remis à moi-même en 1869, lorsque j’étais le directeur spirituel de Mélanie, par ordre de Mgr Petagna, évêque de Castellamare di Stable. Le 30 janvier 1870, Mélanie livra entre les mains de M. l’abbé Félicien Bliard ce même document, avec se, dé— claration d’authenticité et sa signature, mais avec de peti tes réticences indiquées par des points et par des etc. . ., remplaçant ainsi les parties du secret qu‘elle ne jugeait pas devoir encore dévoiler. La partie concernant les prêtres et les religieux, presque entière, y était à sa place. M. l’abbé F. Bliard en adressa de Nice une copie, le 24 février 1870, certifiée conforme, en R. P. Séménenko, consulteur de l‘In dex Borne et supérieur du séminaire polonais. Il fit de même pour plusieurs dignitaires de l’Eglise. Cependant le secret de la bergère de la Salette s‘était répandu déjà partout, en manuscrit, surtout dans les communautés religieuses et parmi le clergé.
En 1873, M. l’abbé F. Bliard publia ce document, tel qu’il l’avait reçu de Mélanie en 1870, avec ses savants com‘ - mentaires, dans une brochure intitulée : « Lettreeà wn ami sur le secret de lç bergère de la Salette.» Cette brochure parut à Naples avec l‘approbation, donnée le 30 avril 1873, par la curie de Son Éminence le cardinal Xyste-Riario Sf0rza, archevêque de Naples; je puis certifier moi—même l’authenticité de cette approbation, et aussi l’authenticité de la lettre quej’adressai à M. l’abbé F. Bliard, en date du 1" mai 1873, après ma promotion à. ’l’évêché de Ugento, lettre qui fut imprimée à la première page de ladite bro— chure.
M. C.-R. Girard, savant directeur de la Terre-Sainte à Grenoblc, tenant de M. F. Bliard le secret de Mélanie, le publia dès 1872 dans son livre intitulé : « Les secrets de la Salette et leur importance». Cette brochure n’était que le premier de cinq bien importants opuscules qui ont paru plus tard, et qui sont destinés par le même auteur à justi fier et à confirmer les révélations de la Salette, ainsi qu’à les défendre des attaques de ses ennemis. Ces ouvrages de M. Girard ont été honorés de l’agrément et de la bénédic— tion de Sa Sainteté Pie IX, et des encouragements de plu sieurs théologiens et évêques catholiques. h‘Aoenir dévoilé, dans son supplément, contenait aussi le Message à. peu près conforme à celui publié par M. F. Bliard.
Je vous dirai encore que pendant plusieurs années, étant l’abbé des chanoines‘ réguliers de Latran à. Sainte-Marie de Piedig‘rotta àNaples, en me. qualité=de supérieur de cet ordre, j’ai eu l’occasion d’entretenir des relations avec de très respectables prélats et princes de l‘Église romaine. Ils étaient assez bien informés à l’égard de Méianie et de son secret; ils avaient reçu presque tous ce document. Eh bien! tous, pas un seul excepté, portèrent un jugement tout à fait favorable à cette divine révélation et à l‘authenticité du se cret. Je me borne à. vous citer entre autres : Mgr Petagna, évêque de Casteilamare di Stabia, qui tenait sous sa tu— telle, depuis quelques années, la bonne bergère de la Sa— lette ; Mgr Mariano Ricciardi, archevêque de Sorrento; Son Eminence le cardinal Guidi ; Son Eminence le cardinal Xyste—Riario Si‘orza, archevêque de Naples. . . Ces saints et vénérables pasteurs m‘ont parié toujours de façon à me confirmer profondément dans ma croyance, devenue désor— mais inébranlable, à la divinité des révélations reniermées dans le secret de la bergère de la Saiette. Je tiens aussi de source certaine que notre Saint—Père Léon XIII a égale ment reçu ce même document tout entier.
Je n’oublie pas. mon cher Monsieur le Curé, que le se cret contient des vérités bien dures à l’adresse du clergé et des communautés religieuses. On se sent le cœur oppressé et l’âme toute terriflée quand on aborde de semblables révé— lations. Si je l’osais, je demanderais à Notre-Dame pour quoi elle n’a pas enjoint de les ensevelir dans un éternel si lence. Mais poumons-nous des questions à Celle qui est ap pelée le trône de la sagesse? Profiter de ses leçons, voilà toute notre tâche.
Cependant, les plaintes de notre très-miséricordieuse Mère et les reproches adressés aux pasteurs et aux minis ’tres dei’autei ne sont pas sans raison; et ce n‘est pas la première fois que le Ciel adresSe au clergé de semblables l‘aproéhes"‘dèstlnés ä devenir pubiicsu ‘Nous’ en‘ trouvons dans lési’psaumes; dans -‘Jérémîe, dans Ezéchiel; dans Isaie, dans biichæg-‘eté.,‘dansfles œuvres des Pères et ales doc te‘u‘rs dél’Egliee,‘danslas sermons des’évéqueset des: au.— teurs-siacr‘éB, dans plusieurs révélations qui ont été faites en ces derniers tempsïà des saints et à des saintes; , dans les lettreside‘Sàinte Catherine de Sienne, dans les écrits de sainteHildegarde, de sainte Brigitte, de la bienheureuse Marguerite—Marie Alacoque,.. de sœur Nativité. de l"eàtati que de Niederbronn; Elisaheth Eppinger;ydesœflr Marie La tasto, de la servante de Dieu Elisebeth=Canori :Mora, etc. . . Je passe soù‘ssilenc’e 16s révélations de sainte ‘I‘hérèse,. de suinte”Cathorine de Gênes; de Marie d’Agréda, ,de‘ Galbe— rineEmm‘erich, dela vénérable Aune—Maria Taïgi-et de plu— sieurs-années :‘a “-. ‘: ,",k. u ‘uh i .2.‘ .ñ ,é . ’ .- ; .r‘,
ÈvI‘i est soutefoislcertain qu’ib ne faut pas prendre au pied de la lettre les termes généraux concernant les» reproches adressés au clergé et aux communautés religieuses; car. il existe un langage qui est: propre ;au: .Styiea prophétique. 1A ussi; les termes. du secret, pas;plus.que les termes pro pilé-tiquestde nos saints– livres, ne;pçuve:xt—ila nous inspirer duemépnis;.éu de la défiance IlOHP;_Q6LÇXÇÇ[VL.&HIÏQDÈ ..tonjeurs droit,à notre.resPeet, ànotre estime-et ;à=t;pt,re, confiance.
“Nous nous .réjouisgons‘d’aiiieurs; envoyant dansu_ie v sein de l‘Eglise des pasteurs et des-Ministres mesplendissant;s :pau l‘écla_t«de la science-et: de.la isaintè;té ; gueïde belles âmes, que d‘âmes vraiment nobles, généreuses, pleines de charité, arides dezdévouementet deysacrificesi DÎY trouve— t.—iom;pas2 :Peut-ètæl Monsieur le‘Cùrémvous qui voyez ‘*“I > 4> . /H fleurir autour de vous tant de fervents ministres de Dieu, vous aurez peine à. comprendre les révélations si humilian tes et les paroles menaçantes et terribles adressées par 1‘Auguste Mère de Dieu à la phalange sacerdotale! Ah ! s‘il en était de même partout ! Mais n‘oublions pas, Mon— sieur, que la.Divine Mère embrasse de son regard l‘uni vers tout entier, et que son œil si pur peut être attristé par bien des choses que nous ne pouvons ni connaître, ni même soupçonner, quelque pénible et humiliant qu’il puisse être pour nous d‘entendre les révélations qui tombent des lèvres virginales de cette bonne Mère; prions-la d’obtenir de Dieu pour nous la grâce de les recevoir avec reconnaissance et avec fruit. Rien, si ce n’est notre docilité, ne pourra dimi nuer la rigueur des châtiments qui nous sont réservés et hâter l’avènement du règne de la justice et de la paix.
Quant au secret imprimé à. Lecce, je vous assure qu‘il est identique à celui qui me fut donné par Mélanie en 1869; elle a comblé seulement dans ce dernier ces lacunes, ces petites réticences qui, du reste, étaient loin de rien ajouter ou de rien ôter à la substance de ce document. Je l’ai moi-même fait examiner par ma curie épiscopale, suivant les règles de l‘Eglise, et mon vicaire général, n’ayant trouvé aucune rat son qui pût s’opposer à la publication du secret, a délivré sa licence d’imprimer en ces termes : «Niht’l obstat, Imprima tur n, à la personne qui voulait le publier à ses frais et selon ses pieuses intentions. Cette approbation, ainsi qu’on le voit à. la fin de la brochure, a été écrite réellement et en tièrement par Mélanie Calvat , bergère de la Saiette, la quelle était surnommée Mathieu. 11 n‘est pas possible d’éle ver des doutes sur l’authenticité de cette brochure.
Voici maintenant ce qui concerne la personne de Mélanie. Cette pieuse fille, cette âme vertueuse et privilégiée, que la haine des méchants et des incrédules a cherché à. avilir, en la faisant l’objectif de ses détestnb1es et grossières calom nies et de son orgueilleux dédain, je puis attester devant Dieu qu’elle n‘est, en aucune manière, ni fourbe, -ni folie, m’ illusionnée, ni orgueilleuse, ni intéressée. J’ai en, au con— traire, l’occasion d‘admirer les vertus de s‘en âme, ainsi que les qualités de son esprit, pendant toute cette période de temps que jel’eus sous ma direction spiritueUe,-c’est-âædüe de 1868 jusqu’en 1873. A cette dernière époque, à la suite de ma promotion de supérieur des chanoines réguliers à l’évéché de Ugento, ne pouvant désormais m‘occuper de sa direction, j’ai voulu toutefois continuer avec elle des rela tions écrites. Je puis affirmer que jusqu’à ce moment, sa vie édifiante, ses vertus, ses écrits, ont gravé profondément dans mon cœur les sentiments de respect et d’admiration que je dois garder bien justementà sonégard.
Notre Saint—Père Léon XIII, en 1879, a daigné honorer Mélanie d‘une audience privée et la charger aussi de la com pilation des règles du nouvel ordre, préconisé et réclamé par Notre—Dame de la Saiette, et intitulé ; « Les apôtres des derniers temps ». Pour achever une télle rédaction, l’ex bergère demeura pendant cinq mois dans le couvent des Salé5ianes, à Rome. Pendant ce temps, elle a été encore mieux connue et plus estimée, surtout par ces bonnes reli gieuses, qui ont donné de très-favorables attestations sur le compte de cette heureuse bergère de la Saiette.
Je sais enfin, par mes informations, que M. Nicolas, avo cat à Marseille, étant à Rome le samedi saint 1880, a été chargé de rédiger une brochure explicative du secret tout entier, afin que le public le comprenne bien.
Ces renseignements suffiront, je crois, pour vous confir mer dans votre croyance. J‘aurais beaucoup à vous dire en- ' core, mais je ne veux pas vous entretenir plus longtemps dans une lettre d‘une question qui ne pourrait être digne ment et complètement traitée que dans un livre.
Recevez, mon cher Monsieur le Curé, les sentiments de ma considération respectueuse et distinguée.
Votre très-humble serviteur en N.—S.,
Signé : + Semeur-Leurs, évêque de Lecce.